Terre normande, proche de l’Ile de France, l’Orne a traversé les tourmentes et les grandes heures de l’Histoire de France. Construction d’édifices, destructions, restaurations…
Le rythme des guerres et des périodes de prospérité a profondément marqué le paysage des villes et des campagnes. Chaque pierre ou presque porte le témoignage d’une catastrophe, d’une victoire ou d’une révolution.
Quels sont, dans l’enchaînement des événements historiques, ceux qui ont le plus profondément influé sur le destin de l’Orne ? Dans les grandes lignes, retrouvez les points de repère chronologiques et les grandes figures de l’histoire locale.
Vers 500 avant J.C., les Celtes s’installent sur le futur territoire de l’Orne. Ils se répartissent la région en s’appuyant sur les réalités topographiques et hydrographiques. Trois peuples occupent l’espace avant la conquête romaine : les Aulerci-Diablintes (dans le Perche), les Essui (autour d’Essai, leur capitale) et les Sagii (sur le futur diocèse de Sées).
Les Aulerci se soulèvent les premiers contre les Romains envahissant la Gaule. Ils s’attaquent au lieutenant de César, Titurius Sabinus, sous la conduite de leur chef Viridovix, puis jouent un rôle actif lors de l’insurrection générale des Gaulois menée par Vercingétorix. Les Essui, eux, font directement alliance avec l’envahisseur, ce qui leur permet d’occuper une position privilégiée sous la domination romaine.
Dès 286 ap. J.C., les Saxons envahissent le territoire et s’établissent sur le littoral de la Manche : la période des grandes invasions commence, l’Empire Romain se délite.
Le Camp de Bierre, un des plus grands sites archéologiques de l’ouest de la France. Les visites retracent l’histoire de l’installation de l’homme dans la région.
Tout au long du IVe siècle, les barbares ravagent et réduisent le territoire. Les populations locales de l’Orne résistent en formant une confédération avec les Armoricains (bretons). Après avoir repoussé une première offensive de Clovis en 497, ils se soumettent : Alençon et le diocèse de Sées deviennent des terres du royaume Franc. Courte période de tranquillité, pendant laquelle les villes d’Exmes, de Sées et d’Alençon prennent de l’importance.
Au début du Xe siècle, le cycle des invasions reprend. Les villes et les campagnes sont mises à sac par les Normands. En 911, le territoire, alors possession du royaume de Neustrie, leur est finalement cédé. Mais la paix ne revient pas dans l’Alençonnais. En 943, la région est donnée par Richard I, duc de Normandie, à la famille des Talvas, seigneurs de Bellême. Les luttes internes à la famille déchirent le pays.
En 1204, une page se tourne. Philippe-Auguste, roi de France, reconquiert le territoire et annexe les comtés d’Alençon et du Perche au royaume de France. Dès lors, ils forment l’apanage d’un fils ou du frère d’un roi de France.
Pendant la guerre de cent ans, les terres d’Alençon et du Perche passent de main en main. En 1449, Jean II, duc d’Alençon, finit par reprendre son duché aux Anglais qui s’en étaient emparés en 1417-1419.
La cathédrale de Sées, construite au XIIIe siècle, harmonieuse synthèse de l’art Gothique Normand et de l’art Gothique d’Ile de France. Ouverte toute l’année.
Le château de Domfront et son donjon roman du XIIe siècle. Visites du 15 juin au 15 septembre du mardi au jeudi et 2 dimanches en juillet et août.
Contact : Mairie – Tel. 02 33 30 60 60.
Saint-Cénéri-le-Géréi, village médiéval en grès et en granit, bâti sur un promontoire rocheux.
La réforme protestante marque profondément le territoire de l’Orne : plusieurs communautés de réformés s’y installent entre 1550 et 1560. Pendant les guerres de religion, le duché d’Alençon devient donc le théâtre des affrontements. Le Duc de Mayenne, chef de la Ligue et Henri de Navarre (futur Henri IV) s’y disputent plusieurs villes.
En 1590, Henri IV reprend Alençon et vend le duché en 1605 au duc de Wurtemberg. Marie de Médicis le lui rachète en 1613.
En 1636, Richelieu refond entièrement l’administration territoriale du royaume de France : le duché d’Alençon est supprimé et remplacé par une généralité, qui fait partie du gouvernement de Normandie, avec celles de Rouen et de Caen.
Le château de Carrouges, des XIVe et XVIIe siècles. Douves, terrasses, élégant châtelet d’entrée, parcs et jardins avec portes et grilles anciennes.
Le manoir de Courboyer (XVe et XVIe siècles) à Nocé. Visite guidée, exposition sur l’histoire, les manoirs et la flore du Perche.
Le Haras National du Pin, créé en 1715, avec sa cour d’honneur en fer à cheval, ses vastes écuries et ses larges allées, dessinées par un élève de Le Nôtre.
Le Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle à Alençon. Pour découvrir l’histoire du fameux « Point d’Alençon », inventé par Madame de La Perrière vers 1650, qui a fait la renommée de la ville.
Un vent révolutionnaire souffle sur le territoire dès avril 1789 : des révoltes révolutionnaires ont lieu dans le Perche. A peine constitué, le département de l’Orne se trouve au cœur de la tourmente : il doit résister aux tentations fédéralistes et à la chouannerie qui s’infiltre dans le bocage.
Au XIXe siècle, l’Orne s’industrialise. La première usine textile mécanisée s’implante à la Ferté-Macé en 1862. La métallurgie se développe à grande échelle dans le pays d’Ouche. Le symbole de cet essor économique est l’usine d’épingles Bohn près de l’Aigle. A la même époque sont construites les premières lignes ferroviaires : la ligne Flers-Argentan-L’Aigle-Paris est achevée en 1867.
La Première Guerre Mondiale marque l’Orne avec la mobilisation de sa population masculine : 20 000 soldats ornais partent au front. Le département sert de base arrière aux soldats anglais et de lieu de refuge aux populations du Nord, chassées par les Allemands.
L’Orne est également durement touché par le deuxième conflit mondial. Dès juin 1940, les Allemands occupent Alençon. Mais les Ornais organisent rapidement la résistance au printemps 1941, en montant des réseaux de renseignements. Le mouvement se structure et compte 3 500 membres en juin 1944.
Alençon est libérée le 12 août 1944 par la 2ème DB du Général Leclerc. Sinistré pendant la bataille de Normandie, le département se relève vite de ses ruines. Favorisé par sa situation géographique et un essor démographique important, il connaît un renouveau économique avec les Trente Glorieuses.
L’écomusée du Perche, qui présente la vie rurale du Perche, du XIXe siècle aux années 1960. Architecture, artisanat et industrie rurale, métiers de la forêt, élevage du cheval percheron.
Le Mémorial de Montormel : Surplombant le site du champ de bataille, le Mémorial et l’Espace Muséographique commémorent les combats de la Poche de Falaise-Chambois qui mirent fin à la bataille de Normandie. Visitez virtuellement le champ de bataille.